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Moi, Andréane Vanasse, diabétique de type 1 et infirmière

Le diabète ? Moi ?

J’avais seize ans quand j’ai reçu mon diagnostic. C’était un simple examen de routine, pourtant.

La nouvelle a été difficile, mais encore plus difficile pour mes parents. Apprendre que leur grande fille était malade. Ce n’était pas évident et ça a été pire quand, cinq mois plus tard, ma sœur jumelle a été diagnostiquée.

Avoir une pompe était tout un privilège. Aujourd’hui, tous les enfants y ont accès

Je me rappelle encore des efforts de mes parents pour faire couvrir, par nos assurances privées, nos premières pompes à insuline. C’était en 2005. La couverture des pompes par la Régie, ça n’existait pas encore. Avoir une pompe était tout un privilège. Aujourd’hui, ce programme fête déjà ses dix ans. C’est incroyable le chemin qui a été parcouru pour améliorer le quotidien des diabétiques, les technologies qui ont évolué.

Porte-parole de la fondation de l’hôpital en Outaouais

À 16 ans j’étais complètement autonome pour mes soins, mais, déjà, dans les mois qui ont suivi mon diagnostic, j’ai eu envie d’aider d’autres jeunes qui vivaient avec la maladie.

Rapidement, les opportunités d’aider se sont bousculées : la confection d’un site internet qui racontait mon histoire, la possibilité de faire du bénévolat pour l’organisme les Diabétiques de l’Outaouais, l’organisation d’activités pour les enfants (fête de Noël, party Halloween, soirée-conférence), la possibilité d’être porte-parole pour une campagne de levée de fond pour mon hôpital. Ces activités me permettaient de rencontrer plein de familles vivant avec le diabète, mais aussi de me sentir impliquée pour la cause.

Je voulais devenir enseignante. Je suis devenue infirmière.

Quand on est diagnostiqué à seize ans, ça change la vie. Pour moi, avant de recevoir mon diagnostic, je pensais devenir enseignante. Mais à l’âge où il était temps de faire mon choix de carrière, ma perspective était en train de changer. J’ai réalisé que je voulais devenir infirmière, que cette profession me permettrait de pouvoir aider, soigner des enfants, faire une différence dans leur vie !

Le diabète de type 1 m’a fait prendre conscience de mon désir de redonner l’appui que j’ai eu. J’avais tellement l’impression que les infirmières à l’hôpital avaient fait une différence lors de mon hospitalisation et mes suivis. Ce parcours scolaire était devenu pour moi une évidence et mon plus grand rêve était d’être infirmière auprès des enfants touchés par le diabète.  C’est comme ça d’ailleurs que j’ai découvert Fred.

J’ai découvert Fred en assistant au Symposium des professionnels

C’était en 2007. J’assistais à l’époque au 1er Symposium des Professionnels en Diabétologie Pédiatrique. C’est là que j’ai découvert une fondation qui donne une voix aux enfants et aux familles, qui travaille pour leur bien-être. C’est aussi là qu’on m’a parlé de devenir infirmière pour Camp Carowanis.

Je suis tombée en amour avec le camp

Parlant du camp, quand j’ai été approchée par eux pour travailler avec les jeunes, j’ai vraiment hésité. J’avais de la difficulté à m’imaginer vivre en plein air… moi une fille de ville! Je me suis laissé convaincre de faire un essai, ma première fois, pendant deux semaines.

Et, là, je suis tombée en amour.

Avec le camp. Avec les enfants.

Je ne voulais plus repartir. J’y passe, depuis, tous mes étés et je me sens tellement heureuse quand je vois tous ces jeunes qui sont arrivés un peu timides, et qui repartent à la fin de leur séjour avec un grand sourire.

Et aujourd’hui ?

Je cumule déjà 14 étés au camp, je travaille maintenant aussi dans une clinique de diabète. Plusieurs pourront dire que je peux cocher sur ma liste la réalisation d’un rêve que j’avais depuis l’âge de 16 ans. C’est vrai!

Je sais aujourd’hui que, prendre soin des enfants et les aider à aller mieux est une chose, mais j’ai aussi appris que je pouvais, sans même faire d’effort, sans même m’en rendre compte, avoir une influence et être un exemple positif dans leur vie. Le lien unique qui nous unit, le diabète, c’est un lien que j’avais longtemps sous-estimé. Ce sont des témoignages de jeunes et de leurs parents qui m’ont aidée à comprendre que j’avais quelque chose que tous les autres professionnels de la santé n’ont pas : c’est partager leur maladie, leur réalité, les comprendre pour vrai!

J’ai un tas de projets pour ces familles. Ça fourmille dans ma tête, tellement il y a de choses que je veux mettre en place pour qu’ils se sentent mieux. Parfois, j’ai l’impression que je n’aurai jamais le temps de faire tout ce que je voudrais!

Une passion : La vie

La vie avec le diabète de type 1, c’est sûr, ça comporte des défis.

Il y a des moments où je me sens si bien et d’autres, disons, qui sont moins faciles.

Mais ça a apporté tellement de choses positives dans ma vie. Je sais, maintenant, que j’ai une bonne capacité de résilience. J’ai aussi appris que je pouvais faire une différence dans la vie des autres, que je pouvais donner de l’espoir aux enfants, aux parents, simplement en leur montrant qu’on peut vivre normalement avec le diabète, tant qu’on le gère rigoureusement.

Finalement, malgré les défis que cette condition exige, je me sens bien. Il y a des tas de choses que je n’aurais pas faites si je n’avais pas eu le diabète, des tas de gens que je n’aurais pas rencontrés. Le diabète a, quand même, mis beaucoup de positif dans ma vie.

          Andréane infirmière