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« À partir d’ici, ça ne fait que s’améliorer », un puissant témoignage de Silas Fritsch

 

C’est le 12 mai 2015, à l’âge de 7 ans, que Silas Fritsch a reçu le diagnostic de diabète de type 1. Silas a gentiment accepté de nous livrer un témoignage fort, abordant son histoire et sa relation avec la maladie. Nous avons découvert un jeune adolescent de 14 ans inspirant qui sait voir le positif dans chacune des situations.

À seulement 7 ans, comprend-on réellement ce qui arrive?

« Au début, personne ne m’avait dit que ce serait pour toute ma vie. Je n’en avais aucune idée. Ça m’a pris environ 1 semaine avant d’apprendre ça. C’était principalement de l’inquiétude. C’était très nouveau. J’ai passé beaucoup de temps à l’hôpital ; je ne comprenais pas trop ce qu’il se passait parce que j’étais assez jeune. »

Le diabète de type 1, une maladie peu connue qui rime, malheureusement, souvent avec préjugés

En plus de devoir apprendre à accepter et à vivre avec la maladie, Silas a rapidement été confronté aux nombreux préjugés répandus sur le DT1.

« Les préjugés, il y en a toujours eu et il y en a encore. Le préjugé c’est parce que la plupart des gens ne comprennent pas la différence entre le type 1 et le type 2. La plupart des gens vont dire “Silas t’as mangé trop de sucre, t’as pas fait attention à ta santé” ou des choses de ce genre qui ne sont pas vraies. » 

De l’inquiétude à la routine

Recevoir un tel diagnostic est sans doute un événement imprévisible qui vient chambouler l’avenir mais, malgré tout, la vie n’est pas sur pause éternellement et, tôt ou tard, les activités reprendront. Après avoir été frappé de plein fouet par cette lourde annonce, Silas a dû retourner à l’école et affronter sa nouvelle réalité.

 

« Au début, quand je suis revenu à l’école, ma mère venait à l’école pendant les deux premières semaines chaque midi pour m’injecter, pour me donner mon insuline. 

Je ne passais pas vraiment mes diners avec mes amis. J’allais chez moi ou ma mère venait à l’école. C’est sûr que je me sentais différent pour les premiers mois, mais j’ai commencé à devenir plus indépendant au cours des années. Maintenant je peux faire tout ce que mes amis font sans problème. 

Tout le long de mon primaire, j’ai toujours eu des boites à lunch faites par mes parents et ils mettaient une petite étiquette dans ma boite à lunch qui me disait combien de glucides il y avait. Maintenant, je fais ma propre boite à lunch et le matin je fais la même affaire, je calcule mes glucides. »

Alors que Silas a été plongé dans l’inconnu, il vit aujourd’hui pleinement son adolescence comme tout autre jeune garçon de son âge.

« Ça a pris deux ans, après avoir été diagnostiqué, avant que j’aie pu faire mon premier “sleepover”, dormir chez un ami. Maintenant,  je fais beaucoup d’activités avec mes amis parce que je suis devenu indépendant. Ça a pris un peu de temps mais, maintenant, je fais tout ce que mes amis font. J’ai beaucoup de liberté avec ça. 

Je pense que ça a pris un bon 5 ans avant que je commence à vraiment voir les bons côtés des choses. Maintenant, ça fait longtemps que je n’ai plus eu de pensées négatives par rapport au diabète vu que c’est devenu tellement intégré dans ma vie. C’est devenu comme se brosser les dents par exemple. Ça fait partie de moi et, si je n’avais pas eu le diabète, il y a beaucoup d’amis que je n’aurais pas en ce moment, beaucoup de personnes que j’aime bien que je ne connaitrais pas, donc je vois le côté positif la plupart du temps. »

L’expérience du camp Carowanis

Silas a eu la chance de passer 6 séjours au camp Carowanis; un endroit où il se sent bien et où il ne se sent pas seul.

« Chaque fois qu’on est là, on revoit tout le monde qu’on connait puis on voit qu’on n’est vraiment pas les seuls. À l’extérieur de ma vie du camp et de mes amis du camp, je ne connais personne d’autre qui a le type 1 donc, à chaque fois que je suis au camp, c’est se rappeler qu’il y en a pleins d’autres avec la même condition que moi et c’est toujours le fun. Mes amis du camp je les vois encore. »

Des expériences qui font du bien au cœur, mais qui favorisent également l’apprentissage et le développement de l’autonomie face à la maladie.

« J’ai appris beaucoup de choses au fil des années. Maintenant je suis sous pompe à insuline mais, avant quand j’étais encore sous injection, c’est au camp que je me suis injecté tout seul pour la première fois. Après ça, deux ans plus tard, c’est là que j’ai mis mon premier cathéter tout seul pour la première fois. Là-bas, j’ai appris beaucoup de choses sur la gestion du diabète, beaucoup de techniques pour simplifier le changement cathéter ou pleins de trucs qui rendent la vie de tous les jours  plus facile. »

 

Un message d’espoir

Chacune des histoires avec le diabète de type 1 est unique. Chaque enfant, chaque famille le vivra différemment mais, s’il y a une chose que Silas nous a fait réaliser aujourd’hui, c’est que tout ira bien. Sa force nous a démontré qu’il est possible d’être DT1, d’avoir 14 ans et de vivre son adolescence en étant épanoui. Si vous venez de recevoir un diagnostic, c’est normal d’être inquiet, d’avoir peur ou d’être stressé, mais comme Silas l’a si bien dit:

« À partir d’ici, ça ne fait que s’améliorer »