Qu’est-ce que le diabète de type 1?

Le diabète de type 1 est une maladie chronique et auto-immune (c’est-à-dire que le corps détecte ses propres cellules comme étrangères et les détruit) qui se caractérise par l’arrêt de la production d’insuline. Cette dernière est une hormone produite par le pancréas et est nécessaire à la transformation en énergie du glucose présent dans le sang. L’arrêt de sécrétion d’insuline résulte en une accumulation de sucre dans le sang, appelée hyperglycémie. Le corps et ses organes ne reçoivent alors plus le combustible requis pour maintenir leur fonctionnement, puisque le sucre demeure prisonnier dans le sang. Les symptômes du diabète de type 1 (DT1) ne doivent jamais être pris à la légère : une hyperglycémie non corrigée peut être mortelle en quelques jours.

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Le DT1 se manifeste à l’enfance, à l’adolescence ou chez les jeunes adultes. Un diagnostic tardif à l’âge adulte est possible, mais plus rare. À ce jour, le diabète de type 1 ne peut se prévenir ni se guérir. Le DT1 est lié à la destruction par le système immunitaire des cellules productrices d’insuline, mais la cause exacte demeure encore inconnue. La majorité des enfants diabétiques n’ont pas de parenté atteinte de la maladie.

À ce jour, le diabète de type 1 ne peut se prévenir ni se guérir.

 

 

le diabète chez l'enfantLe livre Le diabète chez l’enfant (2009) des pédiatres Louis Geoffroy et Monique Gonthier, aux Éditions du CHU Sainte-Justine, est un ouvrage dédié aux parents dans lequel vous retrouverez l’information sous forme de Questions et réponses.

 

Vous ou votre enfant êtes atteints de diabète de type 2, de diabète gestationnel ou d’autres troubles du pancréas et de métabolisation du glucose? Nous vous conseillons de contacter ces ressources :


Les signes et symptômes

Puisque le sang est saturé de sucre, les reins qui fonctionnent en accéléré ne peuvent tout filtrer, ce qui entraine un besoin fréquent d’uriner. Pour compenser cette perte importante de liquide, l’enfant aura une soif intense. Puis, comme l’organisme ne reçoit pas l’énergie dont il a besoin, l’enfant perdra du poids, et ce, malgré une alimentation et un appétit normaux.

Les symptômes associés au diabète sont les suivants. Si vous observez ces signes chez votre enfant, s’il est très faible ou inconscient, rendez-vous à l’urgence immédiatement :

  • Soif intense ou accentuée ;
  • Perte d’énergie, somnolence ;
  • Besoin d’uriner plus fréquent qu’à l’habitude ;
  • Urine à la teinte jaunâtre et à l’odeur sucrée ;
  • Amaigrissement ou difficulté à prendre du poids ;
  • Pipi au lit.

Le traitement

Dès l’annonce du diagnostic du DT1, des doses d’insuline sont administrées par injection. Grâce à un lecteur de glycémie, le taux de sucre dans le sang sera détecté et les quantités et le type d’insuline seront ajustés en conséquence. D’autres facteurs sont à prendre en considération lors de l’administration de l’insuline, soit le moment de la journée, les activités physiques, le niveau de stress et de fatigue et la nourriture consommée.

injection of insulin Grâce à une bonne gestion du diabète, les enfants diabétiques jouissent d’une vie pleine et équilibrée.

Plusieurs types d’insuline et de méthodes d’administration existent. Les injections peuvent se faire à l’aide de stylos ou de seringues, ou à l’aide d’une pompe. Le médecin vous guidera vers le meilleur choix de traitement, en prenant en compte le nombre d’injections nécessaires, leurs doses et les moments de la journée auxquels les administrer, le tout en fonction de vos moyens financiers. Le traitement à l’insuline prescrit par un médecin est variable d’un enfant à l’autre, selon son âge, son poids, son mode de vie, ses besoins spécifiques et ses objectifs.


L’insuline et ses actions

Il existe plusieurs types d’insuline qui se combinent et sont administrés selon le traitement personnel de chaque enfant. Le nom de chacune des insulines peut changer d’une compagnie pharmaceutique à une autre, mais les délais d’actions sont semblables.

  •  L’insuline ultra-rapide : commence à agir quelques minutes après l’administration, et a une durée d’action de 2 à 3 heures.
  • L’insuline rapide : commence à agir 15 à 30 minutes après l’administration, et a une durée d’action de 4 à 6 heures.
  • L’insuline lente : commence à agir 30 à 45 minutes après l’administration, et a une durée de 10 à 16 heures.
  • L’insuline ultra-lente : commence à agir 1 à 2 heures après l’administration et a une durée d’action de 20 à 24 heures.

Medicine vials and syringeLes traitements à l’insuline sont variés, mais le type d’insuline lente est souvent combiné avec l’insuline rapide, alors que l’insuline ultra-lente est souvent combinée à l’insuline ultra-rapide.

Si un enfant est sous pompe à insuline, il recevra exclusivement de l’insuline à action ultra-rapide, en petites doses, mais en continu.

 


Stylos et seringues

L’un des traitements possibles lorsqu’un enfant est diagnostiqué du diabète de type 1, est l’administration d’insuline par injections, avec des seringues ou des stylos à insuline.

Insulin penLes doses d’insuline doivent être évaluées à chaque injection (minimum 2 fois par jour), selon la quantité de glucides consommée, la glycémie, l’exercice physique des heures passées et à venir, l’humeur de l’enfant et toute autre variable pouvant influencer le taux de sucre dans le sang.

Certains enfants respectent des doses d’insuline prédéterminées et mangent des quantités de glucides fixes aux repas, et prennent des collations à heures fixes. D’autres suivent des traitements qui permettent de modifier la quantité de nourriture selon leur appétit, mais doivent s’injecter de l’insuline chaque fois qu’ils mangent. L’insuline est calculée en fonction de ratios.

Dans un traitement ou dans l’autre, il est essentiel pour les personnes diabétiques de tester leur glycémie (test sanguin) au moins cinq fois par jour, afin de s’assurer que le traitement est adéquat et pour faire les ajustements nécessaires.


Pompes à insuline

Avant de commencer un traitement avec pompe à insuline, un enfant ou un adulte recevant un diagnostic de diabète débute d’abord par des injections d’insuline, avec des seringues ou des stylos. Lorsque le médecin traitant juge que les parents (ou l’enfant, selon l’âge) comprennent bien la maladie et sont prêts à faire le passage à la pompe, il les invitera à s’informer sur les différents modèles. Ayant pris connaissance des avantages et des inconvénients de chacun, ils seront en mesure de faire un choix éclairé.

La pompe à insuline implique l’installation d’un cathéter sur la peau de l’enfant permettant l’administration d’insuline sous-cutanée en continu. Sur certains modèles, le cathéter est relié à la pompe par une tubulure. La pompe, de la grosseur d’une pagette, peut être placée à la ceinture de l’enfant et contient un réservoir d’insuline, ainsi que des boutons de programmation.

Sur d’autres modèles, le cathéter et le réservoir d’insuline, de la grosseur d’un petit doigt, sont directement sur la peau de l’enfant, et la manette de programmation peut être séparée de lui, par un maximum de quelques mètres.

Dans tous les cas, le principe est le même : la pompe est programmée pour l’enfant et celle-ci libère une quantité d’insuline de base, nommée « basal », à raison de quelques unités d’insuline par heure, en continu. Lorsque l’enfant mange, il doit informer sa pompe de la quantité de glucides consommés et de sa glycémie. La pompe calcule la dose à ajouter au basal et injecte un supplément d’insuline, nommé « bolus ». Plusieurs programmations sont possibles, en cas d’activité physique intense par exemple, ou si l’enfant est malade. Pour bien déterminer les algorithmes et les ratios qui sont appropriés pour chaque enfant, il est crucial de faire plusieurs glycémies par jour (et par nuit), surtout au début du traitement ou en cas de changement (entrée à l’école, adolescence, nouvel emploi, etc.).


Le quotidien de l’enfant diabétique

The doctor takes from the child blood.Le rôle des parents dans la vie d’un enfant diabétique insulinodépendant est au cœur du traitement et de la santé de l’enfant. Bien qu’au début, la routine paraisse lourde et compliquée, avec le temps et les conseils de l’équipe médicale ou d’autres parents, les gestes quotidiens liés au diabète deviendront plus automatiques et vous serez en confiance. Être à l’aise avec le traitement de votre enfant est primordial afin qu’il devienne lui-même confortable et qu’il prenne éventuellement son traitement en charge.

Les meilleurs trucs sont ceux qui correspondent à votre routine et vos valeurs.

Il y aura sans doute des moments plus contraignants et stressants pour l’enfant et le parent, selon les étapes de la vie, comme l’entrée à l’école ou les voyages. Cela est tout à fait normal. Il est important de savoir que la Fondation pour enfants diabétiques met des ressources à votre disposition, afin de traverser les défis avec optimisme et en santé.

Au quotidien, le parent est appelé à effectuer ou à guider son enfant à faire les gestes suivants :

  • Encourager un horaire de repas et de collations régulier;
  • Assurer une alimentation et un mode de vie sains;
  • Tester le taux de glycémie en moyenne de 5 à 8 fois par jour;
  • Administrer des doses d’insuline selon le plan prescrit;
  • Reconnaitre les signes d’hypoglycémie et d’hyperglycémie;
  • Instaurer des plans clairs en cas d’hypo et d’hyper;
  • Prévoir une continuité des soins avec l’entourage familial et scolaire;
  • Établir une liste de contacts en cas de besoin d’urgence.

Selon l’âge de l’enfant et son niveau de compréhension de la situation, il est important de discuter de diabète avec lui et de l’inclure dans les décisions le concernant. Plus il sera informé et se sentira impliqué, plus vite se fera l’apprentissage de l’autonomie.

Il existe plusieurs trucs pour faciliter la responsabilisation de l’enfant face à sa maladie :

  • Mettre au point une feuille de route simple à remplir et à comprendre;
  • Faire intervenir le jeu lors des soins;
  • Inclure les frères et les sœurs;
  • Maintenir un dialogue ouvert avec les autres membres de la famille, les amis, les intervenants à l’école, etc.

Les meilleurs trucs sont ceux qui correspondent à votre routine et vos valeurs. Demeurer optimiste et éviter la dramatisation sont aussi d’excellentes bases de vie.


La surveillance de la glycémie

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Un indicateur de glycémie mesure la quantité de glucose dans le sang. Un indice situé entre 4 et 8 mmol/L est jugé normal, en fonction de l’âge des personnes, leur poids, leur alimentation, leur niveau d’activité physique ainsi qu’une foule d’autres facteurs, dont le stress, les émotions, etc.

Chez un enfant diabétique de type 1, des valeurs en dessous de 4 représentent une hypoglycémie et au-delà de 8, une hyperglycémie.

L’hypoglycémie

L’hypoglycémie survient lorsque le taux de sucre dans le sang est insuffisant pour que le corps puisse fonctionner normalement. Chez un diabétique de type 1, cette situation est engendrée pour diverses raisons, comme, par exemple, lorsque l’enfant a été plus actif qu’à la normale – le corps a donc consommé tout le sucre disponible pour subvenir aux besoins de l’exercice. Aussi, si la quantité de glucides d’un repas est mal calculée, il se peut qu’on administre trop d’insuline et celle-ci n’aura bientôt plus de sucre à transformer, ce qui mène à l’hypoglycémie.

Les symptômes de l’hypoglycémie sont très différents d’un enfant à l’autre. De manière générale, c’est une situation où le cerveau n’a plus suffisamment de sucre pour fonctionner : le corps devient faible, les idées manquent de clarté et l’enfant se sent épuisé.

Par exemple, imaginez avoir couru 4 jours sans vous arrêter et arriver au pied d’une montagne qu’il faut escalader immédiatement, et très vite. C’est l’impression qu’aura un diabétique en hypoglycémie à qui vous demandez de se tenir assis bien droit.

Pour corriger une hypoglycémie, il faut donner à l’enfant du sucre « rapide », qui sera vite assimilé par le corps, tel que des jus ou des comprimés prévus à cet effet. Il faut ensuite patienter 15 minutes et vérifier le taux de sucre à nouveau. Selon le moment de la journée, il est possible qu’il soit nécessaire pour l’enfant de manger une collation riche en protéines qui lui permettra de garder une glycémie normale.

L’hyperglycémie

L’hyperglycémie correspond à un surplus de sucre dans le sang. Parce que l’insuline manque, le sucre ne peut se rendre aux cellules et reste dans le sang. C’est une situation qui survient lorsque l’enfant manque d’insuline, soit parce qu’il a été difficile de faire un bon calcul de la dose, soit parce qu’il a mangé trop de glucides. Le sucre risque alors de s’accumuler dans l’urine, ce qui peut mener à la présence de cétone dans l’urine et, dans certains cas, à l’acidocétose.

Les symptômes de l’hyperglycémie sont assez généralisés : soif insatiable, envie d’uriner fréquente, fatigue, somnolence. À long terme, quelqu’un qui vit plusieurs épisodes d’hyperglycémie prolongée et sur un court laps de temps aura tendance à perdre beaucoup de poids.

Pour corriger une hyperglycémie, il faut administrer de l’insuline. Ceci peut se faire par une injection d’insuline, ou encore par un « bolus » administré par une pompe à insuline. Faire de l’exercice peut aider à diminuer la glycémie, mais il se peut que l’enfant ne s’en sente pas capable. Boire de l’eau pourra l’aider à se sentir mieux, bien que cela n’ait pas d’effet sur la diminution du taux de sucre dans le sang.

Hémoglobine glyquée

On peut prendre connaissance de l’hémoglobine glyquée d’un enfant par des prises de sang. En suivi pédiatrique, ce test se fait plusieurs fois par année pour permettre au médecin traitant d’évaluer les glycémies des derniers mois.

En effet, l’hémoglobine glyquée indique la moyenne des glycémies des trois derniers mois. C’est donc un des outils utilisés pour évaluer le traitement du diabète et faire des modifications au besoin. Il permet au médecin traitant d’avoir une vue d’ensemble des glycémies. Par contre, ce ne peut être le seul indicateur d’un suivi, puisque quelqu’un qui fait beaucoup d’hypoglycémies et beaucoup d’hyperglycémies aura, au bout de trois mois, une « belle » moyenne. Une hémoglobine glyquée élevée peut être un indicateur que le traitement doive être amélioré, mais peut aussi être la conséquence d’une période de stress ou de fortes émotions chez l’enfant, période durant laquelle il a été plus difficile de contrôler les glycémies.


L’importance de bien gérer le diabète chez l’enfant

L’acidocétose

L’acidocétose est une accumulation de cétone dans le sang. C’est un état critique qui nécessite une consultation d’urgence. Cela se produit lorsqu’une personne diabétique n’a pas reçu ou produit d’insuline depuis une trop longue période de temps. Au moment du diagnostic d’un diabète de type 1, il se peut qu’un enfant soit amené d’urgence à l’hôpital parce qu’il est en acidocétose. Il se peut aussi que les symptômes apparaissent avant que son état ne se détériore à ce point.

Lorsque le corps ne dispose plus d’insuline, le sucre (les glucides) consommé n’est pas transformé et s’accumule dans le sang. Si trop de sucre s’y loge, le corps tentera d’évacuer ce surplus par l’urine, il y aura donc des traces de sucre dans l’urine. À ce moment, on parlera d’un enfant qui « fait des cétones ». Si le taux de sucre dans le sang n’est pas rétabli en quelques jours et qu’il continue à n’y avoir aucune présence d’insuline, il se peut que l’enfant fasse une acidocétose. Celle-ci peut,  sans traitement, causer la mort.


Sources :

Canadian Diabetes Association

GEOFFROY, Louis et Monique Gonthier, Le diabète chez l’enfant, Éditions du CHU Sainte-Justine, Montréal, 2009

L’aide aux jeunes diabétiques